Sauver un lérot orphelin

23 juillet 2007

LE LEROT

Définition générale


Description :

Dessus gris-brun roussâtre, dessous et pattes blancs, masque noir autour des yeux et jusque sous les oreilles. Sa queue est longue, velue, avec une touffe terminale noire et blanche. Ses oreilles sont grandes. Il diffère du Loir gris, entre autres, par sa tête plus pointue, son masque noir, sa coloration plus contrastée.  

La peau de la queue est fragile : elle se détache aisément comme chez les autres Gliridae.   C’est un moyen de défense contre certains prédateurs.

Les individus ainsi mutilés semblent néanmoins mener une vie parfaitement normale.

Mensurations : 

Le lérot mesure 10 à 17 cm de long pour la tête et le corps. La queue fait de 9 à   15 cm. Le poids varie entre 45 et 120 g (mais peut atteindre 210 g avant l'hibernation).

Habitat :

On trouve le lérot dans une grande partie de l’Europe. Il occupe les milieux les plus divers depuis le niveau de la mer jusqu’à 2200 - 2500 m d’altitude. Il apprécie toutes les zones boisées, forêts de résineux ou de feuillus, mais il apparaît que ce sont les boisements mixtes qui abritent les plus fortes densités. Les terrains rocheux et caillouteux avec une couverture végétale irrégulière lui conviennent parfaitement et dans les régions de plaine, on le trouve souvent dans les murs des jardins, dans les vergers, les terrasses et les bâtiments en ruines.  

Il est souvent présent dans les maisons (greniers, en été et en hiver). Il est moins arboricole que les autres Gliridae européens. Il construit un nid sphérique (entrée latérale) avec des herbes et de la mousse, le garnit de plumes et poils ou modifie un nid d’Écureuil ou d’oiseau. Le nid est placé dans un buisson, un trou d’arbre ou un nichoir. Hiberne dans un arbre creux, un trou de mur, une grotte, un grenier.

Le lérot occupe un domaine vital d'environ 150 m de diamètre qu’il défend et qu’il utilise d’une année sur l’autre.  

Domaine vital: c. 150 m de diamètre pour un individu ou un groupe territoires permanents d’une année à l’autre.

Régime alimentaire :  

Le lérot est le plus carnivore des rongeurs européens. Les proies animales, pour la plupart des insectes, entrent pour 80 % dans son régime alimentaire. Il consomme également des escargots et parfois des oiseaux. Excellent grimpeur, il lui arrive de croquer les oeufs et même les oisillons d'une couvée. Il mange également des fruits, notamment les noix et les pommes entreposées dans les greniers.

Reproduction :

L’accouplement a lieu au réveil (après hibernation), au mois d’avril. Les naissances   ont lieu en mai - juin. La gestation dure de 21 à 23 jours, la femelle donne naissance à une portée de 4   à 5 petits environ qui atteindront la taille adulte à l’âge de 3 mois. La femelle   peut avoir de 1 à 2 portées par an. Elle possède 5 tétines.

Longévité :

Bien que la longévité du lérot à l'état naturel ne soit pas définie, on s'accorde pour dire qu'elle se fixe entre 4 et 5 ans environ

Communication :

Grincements, claquements de dents, sifflements aigus, murmures surtout en période de reproduction.

Comportement :

Nocturne mais aussi actif après l’aube et peut être vu dans la journée.  Terrestre et arboricole.  

Le lérot hiberne d'octobre à avril : son sommeil est entrecoupé de réveils lorsque la température n’est pas trop rigoureuse et quand il a des provisions à proximité. La température de son corps descend jusqu’à  5°C et les battements du cœur passent de 300/minute à 2,5/minute.


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NOURRIR UN LEROT ADULTE

Nourrir un lérot adulte est une chose très aisé, l'espèce étant omnivore, le mieux est de lui proposer un fond de graines diverses, graines de tournesol, blé etc mélangé à des croquettes pour chatons et des pates crues.
Ce mélange consistuera un fond alimentaire, il faut y ajouter des fruits comme des pommes, des figues, des pêches et des prunes mures parmis les plus appréciés.
Les vers de farine, constituent également un apport protéinique considérable, fortement recommandé pour le lérot adulte, notemment avant son hibernation.

CAPTIVITE

Si votre lérot est apprivoisé et que vous désirez le garder en captivité pour quelque raison, il vous faut savoir que c'est un très bon grimpeur qui a besoin de beaucoup d'espace, ses sauts sont impressionnants et il preferera une volière amenagée avec des cordes, des étages et une cabane qu'une vulgaire cage à hamster. A moins bien sûr que votre compagnon soit sorti régulièrement
pour se dégourdir.

Il faut savoir que seul un lérot élevé au biberon et impregné par l'homme pourra être gardé en cage et que priver un animal sauvage de sa liberté est un acte contraire à la morale. En effet l'animal paniquera et n'aura qu'une seule idée en tête, fuir cette prison. Préférez donc dans la mesure du possible, la liberté pour un animal sauvé mais peu apprivoisé. Sinon optez pour une très grande cage pour que l'animal ait le loisir de se dépenser.

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L'HISTOIRE DE PRUNE
ou
comment nourrir un lérot orphelin.

Le lérot niche bien souvent dans les greniers ou les dépendances, ainsi il n'est pas rare de déranger une portée en faisant du rangement ou simplement de la découvrir par pur hasard.
Il suffit aussi d'avoir un chat pour que celui ci risque de vous ramener un jeune lérot non sevré mais vivant.
Dans ces cas là il faut savoir vite comment réagir, c'est pourquoi nous avons créé cette page, afin de vous aider à adopter le comportement adéquate pour donner toutes ses chances au petit(s) rescapé(s).

Prune est arrivée dans ma vie par hasard, alors qu'un soir nous dinions dehors j'ai vu cette petite boule grise qui gisait dans l'allée de graviers. Possédant trois chats et une corneille, j'ai tout de suite pensé que c'était une fois de plus, une malheureuse proie qui ne connaissait pas de sépulture. Pourtant la fameuse boule de poils semblait bouger, illusion d'optique ou non je décidai alors d'en avoir le coeur net, je me suis levé pour aller voir.
Sur les lieux je me suis rendu compte qu'il s'agissait un petit lérot, mais vraiment petit, comme j'en avais rarement vu, il avait du échapper aux chats, mais dans l'incapacité de se nourrir seul il était voué à une mort rapide.
J'ai donc ramassé cette boule de poils et l'ai placée dans un terrarium à parois hautes et lisses pour l'empêcher de sauter, en effet le lérot même si petit possède deja d'excellents talents de grimpeurs.
A l'abri des courants d'airs j'ai tapissé son sol de litière pour rongeurs et lui ai proposé de la pêche et des prunes écrasées. Mais le petit orphelin restait prostré dans son coin sans manger, si bien que j'avais peur pour sa santé, j'ai alors mis à sa disposition du gruyère rapé qu'il a timidement mangé, ses dents peu développées lui permettait tout de même d'engloutir le fromage. Mais evidemment cela ne pouvait durer, il avait besoin d'une alimentation plus riche pour sa croissance.
Des le lendemain, dans l'indisposition de payer du lait maternisé pour chaton (fortement recommandé pour élever un jeune lérot) j'ai réalisé une recette riche en matières grasses se rapprochant de la composition idéale :

Lait concentré non sucre 68 gr
Crème fraiche non allégée 18 gr
Oeuf entier 2
Eau en bouteille 39 gr


Ce mélange préparé, et correctement mélangé a été chauffé au bain mari, afin de s'approcher de la température tiède du lait maternel. J'ai rempli alors une seringue de ce lait improvisé et l'ai présenté à mon petit orphelin qui s'est jeté dessus.

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Le mélange était vraiment bien digéré par le petit lérot, j'ai donc continué a lui donner à la seringue toute les demi heures voir plus, à satiété. Il s'est aussi avéré que ce n'était pas un mais une petite lérotte.
Je l'ai alors nommé Prune puisqu'elle a été trouvée a proximité du verger.
Au début je devait la tenir par la peau du cou pour qu'elle reste tranquille et ne me pince pas les doigts avec ses petites dents, puis elle a commencé a se calmer et à moins fuir quand je la prenais.

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(Technique pour empêcher le jeune lérot encore effrayé par l'humain de fuir pendant le nourrissage)

VIDEO DE LA TETEE


 

 

Conseillé par une fille qui elle aussi a recueilli un lérot il y a trois ans de cela, et vit toujours avec (histoire à suivre) j'ai très vite placé Prune dans ma poche pour qu'elle s'habitue à mon contact et mon odeur. Peu à peu elle commencait à prendre confiance mais pincait toujours les doigts.
Mais il faut lui laisser du temps. En effet toute cette aventure s'est déroulée sur 5 jours seulement, et au moment ou j'écris, Prune dors blottie bien au chaud dans ma poche, attendant l'heure de sa tétée.

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Je vous ai relaté cette histoire afin de vous montrer qu'il ne faut pas se décourager et qu'avec de bon conseils tout est possible. Même si votre petit protégé n'est pas reconnaissant et pince les doigts ou essaye de fuir, il finira par vite s'habituer a vous à force de patience, d'amour, et de biberons !
Mais l'histoire de Kawette, la lérotte d'Aurélie agée de 3 ans est encore plus extraordinaire.

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Un amour de lérot tombé du ciel !


"Il y a maintenant 3 ans un jour d’été que j’ai vu une petite boule de poils grise, noire et blanche sur le parking d’un supermarché entrain de se faire martyriser par un enfant(il la portait par la queue…), une fois le petit chenapan parti je n’ai pu m’empêcher d’aller voir de plus près et la….J’aperçois sa magnifique petite bouille avec son petit masque, je ne savais pas du tout de quelle espèce il s’agissait mais je n’ai pas pu m’empêcher d’aller à son secours, elle était toute seule, tombée de je ne sais ou, apeurée dans un coin sur le béton de ce supermarché. Ma décision était prise il fallait faire quelque chose (seule là elle ne survivrait pas longtemps), je l’ai alors mise dans une de ces cagettes en carton des supermarchés car même si l’on pouvait la prendre facilement mademoiselle faisait des bonds de 2 mètres. Elle était tellement petite qu’il lui était impossible de sortir de cette cagette. J’ai appris bien plus tard qu’il s’agissait d’un lérot (même le vétérinaire ne connaissait pas et m’avait dit que c’était un loir).
Je l’ai alors nourri toutes les 2 heures jour et nuit avec les moyens du bord(mie de pain trempée dans du lait coupé avec de l ‘eau), je la gardais un maximum contre moi dans une poche ou dans une manche au chaud et petit à petit j’ai réussi à l’apprivoisé. Je l’ai appelé Kawette et me suis attaché à ce petit bandit masqué.
La demoiselle est maintenant devenue grande, elle à 3 ans et se porte comme un chef, elle a juste depuis le jour ou un bout de sa queue est tombé la fâcheuse habitude de s’enlever les poils de la queue. lol. Sinon elle est vraiment magnifique et adorable, elle n’est pas du tout agressive, je peux l’amener partout elle reste sur moi en toutes circonstances…
Voilà j’espère que mon témoignage vous aidera à sauver et apprivoisé un ou plusieurs bébé(s) lérot(s) en détresse…"

Voici le témoignage d'Aurélie qui prouve que rien n'est jamais perdu et qu'un lérot orphelin, aussi sauvage et ingrat soit il, avec amour et patience, fini par s'habituer à l'homme et à être reconnaissant envers son sauveteur. Je vous laisse admirer les photos, meilleurs témoignages d'une si belle histoire.


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Kawette comme tous les lérots, fait preuve d'extraordinaires talents d'escalade.
 

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